Le déclin des Bikeparks en stations de montagne : vers une nouvelle ère du cyclisme estival
Une tendance préoccupante se dessine outre-Atlantique, caractérisée par une diminution significative de l'offre de VTT dans les stations de montagne. Plusieurs bikeparks d'envergure ont récemment annoncé leur fermeture, marquant un tournant dans l'industrie des loisirs estivaux en altitude.
Le repli des bikeparks : un phénomène qui s'amplifie aux États-Unis
Après une période faste où le VTT de descente dans les stations de ski connaissait un essor notable, une phase de repli s'amorce aux États-Unis. China Peak, pionnière californienne depuis 2011, a tristement annoncé que l'été 2026 marquerait sa dernière saison dédiée aux vététistes. Cette décision n'est pas isolée ; d'autres stations majeures telles que Sugarbush, Telluride et Windham Mountain ont également réduit ou mis fin à leurs activités estivales de VTT. Ce mouvement intervient après l'adoption enthousiasmante du Ski Area Recreational Opportunity Enhancement Act, qui avait initialement permis aux stations situées sur des terrains publics de diversifier leurs offres estivales. Les bikeparks, accessibles via les remontées mécaniques, avaient alors représenté une opportunité formidable. Cependant, deux décennies plus tard, le paysage a considérablement évolué. Le marché est devenu plus fragile, confronté à la concurrence de bikeparks privés ouverts toute l'année, aux dépenses moyennes limitées des visiteurs estivaux, à l'augmentation des primes d'assurance, ainsi qu'aux risques d'accidents graves et aux litiges qui en découlent.
Au-delà des défis économiques, le modèle traditionnel du bikepark semble également atteindre ses limites. Le VTT de descente extrême, bien que spectaculaire, est une pratique exigeante, onéreuse et dangereuse, souvent réservée à une élite de passionnés bien équipés. Pour le grand public, les obstacles à l'entrée sont considérables : vélos d'enduro ou de descente très coûteux, nécessité de protections complètes, inconfort de la chaleur estivale, crainte des chutes et manque de parcours réellement accessibles. En contraste, l'avenir des loisirs montagnards estivaux pourrait résider dans des approches alternatives du cyclisme. Les vélos électriques (e-bikes), les itinéraires balisés, les "flow trails" plus doux et les circuits familiaux permettent de profiter de la montagne sans dépendre uniquement des remontées mécaniques. En Europe comme ailleurs, les stations aspirant à rentabiliser leur saison estivale devront probablement moins miser sur les sensations fortes extrêmes et davantage sur des expériences plus inclusives, plus sûres et mieux adaptées au cycliste moyen, favorisant ainsi une pratique plus large et durable.

