La course contre la montre pour l'ascension de l'Everest en 2026 : défis et incertitudes
La saison d'ascension de l'Everest en 2026 est marquée par des défis sans précédent, où les équipes de sherpas ont finalement atteint le Col Sud, à près de 8 000 mètres d'altitude. Cependant, la dernière section de l'ascension, la plus périlleuse, reste à sécuriser. Les délais accumulés par les "icefall doctors" en avril ont profondément perturbé le calendrier initial, rendant la réussite de cette saison incertaine et potentiellement dangereuse pour les alpinistes. La fenêtre météorologique favorable se rétrécit inexorablement, augmentant la pression sur toutes les équipes. À ce jour, cette saison a déjà malheureusement enregistré la perte de deux sherpas, soulignant les dangers inhérents à cette entreprise.
Traditionnellement, le processus d'expédition débute par la sécurisation du passage à travers le glacier du Khumbu, une tâche cruciale menée par les "icefall doctors" durant la première quinzaine d'avril. Au cours des vingt dernières années, ce travail était systématiquement achevé entre le 2 et le 16 avril. Cependant, au printemps 2026, un dangereux sérac a menacé le parcours, entraînant un retard considérable. Cette situation a contraint les équipes à attendre la fin du mois d'avril pour que la voie soit déclarée ouverte, soit un décalage de plus de deux semaines. Ce temps est habituellement consacré à l'acclimatation en haute altitude. Tandis que certaines équipes ont choisi de s'acclimater sur d'autres sommets pour optimiser leur temps, d'autres ont dû commencer leur acclimatation sur l'Everest début mai, raccourcissant ainsi leur préparation.
L'étape suivante, l'installation des cordes fixes vers le sommet, est déjà partiellement réalisée jusqu'au Camp 4 (Col Sud), mais la section finale reste à équiper. Le week-end des 9 et 10 mai a été marqué par de mauvaises conditions météorologiques au sommet, avec plusieurs dizaines de centimètres de neige fraîche. Les sherpas doivent désormais tracer la voie dans cette neige nouvelle, ce qui représente un effort physique considérable. Les prévisions météorologiques pour les jours à venir sont préoccupantes : la potentielle installation des courants-jets pourrait rendre la situation extrêmement dangereuse pour les alpinistes. Selon l'expert américain Alan Arnette, une tentative d'ascension dans ces conditions pourrait malheureusement se traduire par des décès, des gelures sous-estimées et de nombreuses opérations de sauvetage. Les plus prudents espèrent une fenêtre météo plus favorable entre le 20 et le 25 mai, avant l'arrivée de la mousson fin mai, qui marquerait la fin définitive de la saison.
Cette année, les autorités népalaises ont délivré 492 permis d'ascension, ce qui, en incluant les sherpas nécessaires et en déduisant les abandons habituels, porte le nombre de prétendants au sommet à environ 875, selon les estimations d'Arnette. Cette affluence, combinée à une fenêtre météorologique limitée et aux retards initiaux, crée une situation de forte congestion et de risques accrus. La saison d'ascension de l'Everest 2026 s'annonce donc comme l'une des plus difficiles et des plus incertaines de ces dernières années, où la prudence et la gestion des risques seront plus que jamais essentielles pour garantir la sécurité des alpinistes.

